Jean-Philippe Rameau (1683-1764)

« Ma chère Pizikato,

J’ai bien reçu votre lettre. Vous me dites vouloir écrire sur l’une de mes oeuvres , Les Indes Galantes. Comme vous avez raison ! Car cette oeuvre, créée en 1735 alors que j’avais quitté ma belle province dijonnaise et regagné Paris, est l’une de mes préférées.

Après le tragique (Hippolyte et Aricie), j’avais envie de voyage et de légèreté. Mais surtout, de vous divertir. Comment mêler le chant et la danse à la musique ? Dans un opéra-ballet ! Dans mes Indes Gallantes, vous partez en voyage pour célébrer l’Amour et … la paix entre les peuples. Ma chère Pizikato, ne voila t-il pas là, un sujet hélas brûlant ?

Au moment de sa création, l’oeuvre se composait d’un prologue et de trois entrées. Mais, en 1736, pour votre plus grand plaisir, nous en avons composé une quatrième . Qui d’ailleurs, ma chère Pizikato, me semble bien être la plus célèbre : « les sauvages » puisque je la vois travaillée un peu partout dans notre beau pays.

Ma chère Pizikato. Vous évoquez « Forêts Paisibles » . Savez-vous qu’elle me fut inspirée par un spectacle de danse d’Indiens de Louisiane auquel j’assista dix ans plus tôt à la Comédie-Italienne ? De retour dans mes appartements, je n’ai pas cherché à reproduire ce que j’avais vu ; mais souhaité y exprimer l’impression que ce délicieux spectacle m’avait laissée. D’où la rythmique du tambour : longue-brève/brève-longue.

Je suis heureux que ma composition vous transporte. Et de votre envie de la partager.

Votre obligé,

Jean-Philippe Rameau


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